Abattoir de Guillestre


Article dans "Le Monde" - Février 2020

 


Rapport d'activités - Assemblée Générale Ordinaire du 30 mars 2019

 

Si on ne prend que la période 1er octobre 2017-30 septembre 2018, le tonnage réalisé est de 99 T. Mais en considérant les très bons mois d'octobre (15 T) et de novembre (14 T), le tonnage annuel de 2018 en année civile est semblable à celui de 2017.

La salle de découpe permet d'augmenter l'abattage : 5 T du 11 avril 2018 (date de l'agrément de la salle de découpe) jusqu'au 30 septembre (5 mois) et 11 T en 8 mois. D'ailleurs, pour le premier trimestre 2019, il y a déjà 5 T pour la salle de découpe.

 

Concernant la répartition géographique des tonnages entre 2017 et 2018, on peut constater que le tonnage peut évoluer d'une communauté de communes à l'autre, mais les proportions restent identiques. Le tonnage mensuel est plus régulier que la première année, avec toujours un pic en octobre et novembre qui correspond à la descente d'alpage et aux abattages familiaux ou de stockage en prévision de l'hiver. Au sein des types d'espèces abattues, la répartition est semblable qu'en 2017 : 49 % pour les bovins, 34 % pour les ovins/caprins et 16 % pour les porcins, 1 % pour les équins/asins.

 

L'abattoir a organisé l'abattage rituel de l'Aïd au mois d'août : 70 agneaux ont été abattus contre 50 en 2017. Cela s'est très bien passé, dans le calme. Cette année, l'Aïd aura lieu aux alentours du 10 août et l'abattoir renouvellera cette occasion afin d'offrir à la communauté musulmane un service de qualité.

 

Grâce à la salle de découpe, l'abattoir a créé un partenariat avec la Fondation Edith Seltzer à Briançon qui cuisine 600 repas par jour : 1 fois par mois 10 agneaux découpés sont livrés. Une réflexion est en cours pour le porc et la viande bovine. L'agrément bio a été obtenu pour l'abattoir et la salle de découpe ce qui permet aux éleveurs en agriculture biologique de parfaire leur procédure de vente. Les usagers de l'abattoir sont en augmentation : de 119 en 2017 à 131 usagers en 2018.

 

La SCIC compte au 30 mars 2019 126 sociétaires pour un capital de 32 950 € (au 29 mars 2017, à la date de la précédente assemblée générale les sociétaires étaient 103 pour un capital de 27 750 €).

 

Les tarifs d'abattage et de la salle de découpe évoluent à partir du 1er avril 2019. En effet, les prix d'équarrissage ont augmenté de 6 % à compter du 1er janvier 2019 (192 €/Tonne pour le C3, 292 €/Tonne pour le C1/C2 et 312 €/Tonne pour le sang.

Les prix de l'électricité augmentent également.

   - augmentation des tarifs de la prestation d'abattage : + 4 centimes d'euros (toujours + 15 % pour les non-sociétaires).

Ce qui donne :

→ gros bovins : 0.61 €/kgC HT

→ veaux : 0.63 €/kgC HT

→ porcs : 0.57 €/kgC HT

→ ovins/caprins > 12 kg : 0.93 € kgC/HT

   - augmentation du tarif de la salle de découpe en cas de prestation par le boucher et mise sous vide par l'éleveur lui-même : 1.40 €/kgC HT pour tenir compte de la fourniture des sacs sous vide par l'abattoir.

Les autres tarifs restent inchangés.

 

Lorsque l'abattoir démarche et trouve des marchés pour le compte des éleveurs (par exemple pour la Fondation Edith Seltzer), 10 % seront prélevés sur la facture de vente pour le compte de l'éleveur pour tenir compte des frais de gestion, de contrôle qualité, de colisage, de facturation, de transport. En revanche, dans le cadre des manifestations où de la viande est fournie (par exemple Foire de la St Mathieu, concert de la Lyre des Alpes, Tournoi de Badminton), et qui sert de promotion des éleveurs et de l'abattoir, alors aucune commission ne sera prélevée sur la facture de vente pour le compte de l'éleveur.

 

Une nouvelle formation à la découpe, à l'hygiène et à la mise sous vide a été organisée en décembre. Le formateur était toujours Bernard Mantovani (FC2A). La formation s'est déroulée sur 4 jours : 2 jours pour les bovins/porcins et 2 jours pour les ovins/caprins. 24 éleveurs ont été concernés par cette formation.

 

L'équipe de tâcherons a conçu et fabriqué une plancha pour proposer une dégustation :

• lors de l'inauguration de la salle de découpe : dégustation pour 50 personnes

• lors de la foire de la St Mathieu à Château-Queyras le 14 septembre : 200 repas

• après le concert de la Lyre des Alpes à Guillestre le 15 octobre : 70 personnes

• lors du tournoi régional de badminton à Embrun le 23 mars : 30 personnes

 

Plusieurs événements ont marqué l'année 2018-2019 :

• 11 avril 2018 : ouverture de la salle de découpe par obtention de l'agrément sanitaire

• 31 mai 2018 : nouvelle participation à Made in Viande avec visite de l'abattoir pour les classes du lycée de Carmejane

• 2 juin 2018 : inauguration de la salle de découpe

• 14 juillet 2018 : tenue du stand de l'abattoir avec vente de viande à la fête des fleurs d'Abriès

• 17 octobre 2018 : tenue du stand de l'abattoir avec vente de viande à la Foire de la St Luc

• 16 janvier 2019 : remise du Prix National de la Dynamique Agricole décerné par la Banque Populaire et 27 mars 2019 : remise locale de ce prix avec buffet et plancha (60 personnes).

 

Enfin, l'abattoir continue de servir de modèle pour d'autres éleveurs et constitue un réseau avec les autres abattoirs de proximité : visite d'éleveurs du Var, du Sud-Lozère. De nombreux articles ont été édités dans la presse locale et nationale (Paris Match, Revue Nationale des Parcs…). Un projet de site internet valant plateforme de mise à disposition (les bêtes disponibles d'un côté et les demandes des consommateurs de l'autre) est toujours d'actualité. Le cahier des charges a été élaboré avec Régis Bouchacourt (MIT-Conseil). Il s'agit désormais de trouver les financements car ce site se veut être complet mais le prix de sa réalisation est important : entre 20 et 25 000 €. Un nouveau travail va être entrepris pour mettre certains éléments en option, à réaliser plus tard.

 


Visite de l'abattoir  - 26 mai 2018

 



Rapport d'activités - Assemblée Générale Ordinaire du 29 mars 2018


Historique de la reprise de l’abattoir

 

- Septembre 2016 : constitution d'un groupe d’éleveurs qui travaillent au projet de reprise
- 1er décembre 2016 : dépôt du dossier d’agrément sanitaire à la DDCSPP (suivi très rapidement d’un agrément conditionnel pour 3 mois)
- 20 décembre 2016 : 1ère tuerie pour les éleveurs tâcherons et un boucher, accompagnés de Pierre-Emmanuel Robin, gérant de l’abattoir de Die et lui-même tâcheron à Die.
- Mars 2017 : agrément sanitaire validé
- 5 avril 2017 : assemblée générale constitutive de la « SCIC Abattoir des hautes Vallées » par la transformation de l'association de préfiguration
- Novembre 2017 : après deux visites le 14 mars 2017 (qui a transformé l'agrément conditionnel en agrément définitif) et le 12 septembre, visite de la DDCSPP avec la présence de la Référente Nationale des Abattoirs, qui a confirmé la note « A » pour le respect de la protection animale et des conditions sanitaires d'abattage. C'est la note la plus haute, et la 1ère fois à Guillestre !


A la clôture de l'exercice, soit le 30 septembre 2017, 75 tonnes ont été abattues. Comme l'exercice n'est pas complet puisqu'il correspond à seulement 9 mois d'abattage, les chiffres seront donnés aussi pour les résultats au 31 décembre 2017 (107 tonnes abattues).
Au 31 décembre 2017, les 107 tonnes abattues se répartissent entre : 34% bovin, 33% ovins/caprins, 17% porcs, 34 % de gros bovins, 15% veaux et 0,5 % d'équins.


Les bêtes viennent d’abord de la communauté de communes Guillestrois Queyras (à 34,80%), puis de celle des Ecrins (à 30,48%), de l’Ubaye/04 (17,17%), de celle du Briançonnais (9,82%) puis de l’Embrunais (6,69%). Au bout d'un an, il est difficile de savoir si ces pourcentages ne sont pas susceptibles d'évoluer, modifiant ainsi la répartition.
L’organisation du travail à l’abattoir


Activité des tâcherons sur les deux chaînes d'abattage

 

Ils sont 11 à travailler (10 éleveurs et 1 boucher), certains toute l'année, d'autres sur 6 mois. Un seul jour de tuerie par semaine, le mardi, a permis de faire baisser les coûts (eau, électricité), ainsi que le temps d’investissement des tâcherons.
Le retrait des carcasses se fait le vendredi, assuré par Bénédicte Peyrot aidée par Etienne Humbert, car en même temps que le retrait, il y a de la comptabilité/facturation à faire.
Les tâcherons présents à l'assemblée générale se sont ensuite présentés et ont expliqué les raisons de leur implication et leur vision de ce nouveau travail.

 

Sébastien Salle prend la parole le premier et son intervention résume la motivation des tâcherons : "Pour moi, l'aventure aurait pu commencer il y a un an, le jour où je suis devenu tâcheron volontaire. Mais elle a commencé il y a plus longtemps, quand je me suis installé et que je me suis posé la question de la commercialisation pour mes agneaux. La vente directe représente un travail supplémentaire mais la possibilité de valoriser ma production à sa juste valeur. C'est une chance que nous avons tous. Il y a tellement de monde qui vit dans le nord des Hautes-Alpes, sans parler des gens de passage. Nous avons tous un rôle à jouer. Les clients sont là et le bouche à oreille fonctionne à merveille quand on a un produit de qualité abattu proche du lieu d'élevage. Le client revient.
Les éleveurs qui on repris ce bel outil m'ont convaincu lors d'une réunion au mois de mars il y a un an qu'il fallait des volontaires pour que l'abattoir fonctionne bien. Une semaine plus tard, je me suis retrouvé avec un couteau à la main à apprendre un nouveau boulot. Heureusement il y a une entraide énorme et chacun a ses qualités à mettre en avant : l'équipe technique qui fait des merveilles avec un outil qui demande de l'entretien ; l'équipe administrative qui ne compte pas les heures pour mener à bien cette énorme charge de travail ; l'équipe des vétérinaires et des préposés qui nous encouragent dans notre travail ; l'équipe de tueurs qui se retrouvent un jour par semaine, alors qu'à la ferme il y a les foins, l'agnelage ou tout simplement nos familles à s'occuper.
Ces équipes de travail forment une grande famille où chacun d'entre nous a son mot à dire et ses idées à mettre en avant pour améliorer le fonctionnement de l'abattoir.
Si cela fonctionne, c'est grâce à vos bêtes et il faut que cette dynamique continue ; on a tous des parts sociales et on est tous impliqués. Personnellement je crois en l'avenir de notre abattoir et cette première année de fonctionnement a prouvé que nous pouvons continuer l'aventure."


Malgré le temps de travail qui s’ajoute à celui sur leurs exploitations, ce qui en ressort est la joie de travailler ensemble, de faire vivre cet outil indispensable à beaucoup d’éleveurs, et la fierté du travail bien fait. Véronique Dubourg ajoute que concernant le bien-être animal, le fait que des éleveurs assurent l’abattage et la préparation des carcasses est important, car ils connaissent le comportement des bêtes et le travail que demande, par exemple, un agneau prêt à abattre. Un soin constant est donc apporté aux animaux et aux carcasses, jusqu’à la remise aux éleveurs.

Après une première formation "Protection animale" en décembre 2016, les tâcherons ont suivi une formation aux bonnes pratiques d'hygiène en décembre 2017. A ces tâcherons s’ajoutent les tâcherons de l’équipe technique (3 personnes), qui réparent et assurent l’entretien de l’outil, gèrent la station d’épuration, disponibles « à toute heure du jour ou de la nuit ! », l’équipe administrative (2 personnes) qui gère la comptabilité, la facturation, les relations aux fournisseurs, aux services vétérinaires, etc… Pendant toute la journée d'abattage, le préposé vétérinaire (maintenant auxiliaire officiel, précise Mme Fleming de la DDCSPP), est présent et s'assure du bon respect des règles sanitaires et de bien-être animal mais, selon les dires des tâcherons, ne s’arrête pas là, et apporte de précieux conseils pour toujours améliorer la qualité du travail. Et à toutes les tueries est présent également le vétérinaire-inspecteur
Mme Fleming a rajouté que la note A attribuée à l’abattoir avait été le fruit d’un long travail de préparation en amont, qui a permis d’arriver à cette qualité. Cette note, ainsi que la signature d'un protocole-cadre avec la DDCSPP, fait bénéficier aux usagers de l’abattoir d'une modulation sur la redevance sanitaire abattage (moins 10%).


La SCIC Abattoir des Hautes Vallées

Au 29 mars 2018, la SCIC est composée de 103 sociétaires pour un capital social de 27 750 €.
La catégorie des éleveurs (fondateurs et non-fondateurs) comprend 58 membres ; la catégorie des salariés ou tout producteur du bien ou du service vendu par la SCIC, 2 membres ; la catégorie des bouchers (fondateurs et non-fondateurs), 2 membres ; la catégorie des personnes publiques, 7 membres ; la catégorie des consommateurs individuels, 28 membres ; la catégorie des autres partenaires, 6 membres. Aucun membre en revanche dans la catégorie des grossistes / GMS / Chevillards.


Les événements 2017/2018
- Le 25 avril 2017, visite des éleveurs du Vigan, qui souhaitent reprendre leur abattoir en société coopérative, très motivés et qui, inspirés par notre expérience, ont vu que c’était possible.
- Le 18 mai 2017, participation à la Journée « Made in viande » organisée par l'interprofession Interbev, avec la visite de 2 lycées (lycée agricole de Gap et de Carmejane)
- Le 1er septembre organisation de la tuerie de l’Aïd (50 agneaux) qui s'est très bien passée
- Le 9 janvier 2018, les tâcherons fêtent le départ à la retraite de Bernard Leterrier, inspecteur vétérinaire à l’abattoir de Guillestre depuis 1978 !
- Le 6 février 2018, visite de l'abattoir par les étudiants de l'ISARA de Lyon (Institut Supérieur de Recherche Agronomique)


A venir :
- Inauguration de la salle de découpe qui permettra à de nouveaux éleveurs de venir
- Présence au festival « les Arts’gricoles » le 26 mai, avec visite de l’abattoir
- Participation à « Made in viande », une journée d’accueil des lycéens (le 31 mai), et une journée portes ouvertes/barbecue le 2 juin (les bonnes volontés sont d’ailleurs bienvenues !!!)
Bénédicte Peyrot remercie Laurent Darmas et Jean-Marie Maurel pour leur présentation, ainsi que les tâcherons qui ont apporté leur témoignage. Elle propose de poursuivre avec le rapport financier et que le vote des membres de l'assemblée générale se fasse à la fin de la présentation.

 

Pour s'impliquer dans la promotion de l'abattoir et l'organisation de leurs évènementshttps://goo.gl/forms/DdH3nGuIfJphWNDG3

 

 


 

Communiqué de presse de l'abattoir de décembre 2016

 

Mardi 20 décembre 2017 voici un an déjà que l'abattoir des Hautes Vallées à Guillestre a repris son activité grâce à la mobilisation de nombreux éleveurs. C'est donc l'heure du bilan tant quantitatif que qualitatif.
Le total de 107 tonnes se répartit entre 33 % pour les ovins/caprins ; 17 % pour les porcins, 49 % pour les bovins et 1 % pour les équins. L'équilibre comptable est atteint et les services vétérinaires de l'Etat nous ont attribué la mention "A – Très satisfaisant" que ce soit au niveau du bien-être animal qu'au niveau sanitaire des carcasses et de la bonne tenue de l'abattoir.


L'abattoir des Hautes Vallées, c'est surtout une équipe d'éleveurs-tâcherons (sur la chaîne d'abattage et pour l'entretien et la maintenance de l'outil) qui se sont engagés à travailler pour l'ensemble des éleveurs et pas seulement pour eux-mêmes et qui sont fidèles au rendez-vous du mardi jour de l'abattage. La bienveillance tant les uns vis-à-vis des autres qu'avec les animaux est une évidence.
Eleveurs nous-mêmes et donc conscients du travail, nous sommes tous soucieux de faire proprement et correctement notre tâche et de rendre un produit valorisable au mieux pour les éleveurs en vente directe et les bouchers. La convivialité est au rendez-vous avec un repas partagé tous les mardis où les échanges sont nourris de nos différences et expériences.


En 2018, la nouveauté sera l'ouverture de la salle de découpe qui est en train de se mettre en place et qui aura nécessité une formation hygiène pointue pour les utilisateurs.


Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance. La SCIC Abattoir des Hautes Vallées représente aujourd'hui un capital de 25 150 € et 96 sociétaires dont 54 éleveurs, 2 bouchers et 7 communes, sans oublier les consommateurs individuels et les associations. Le capital étant variable, il est toujours possible de prendre des parts pour tous ceux qui se sentent concernés par le maintien de cet outil de proximité. Celui-ci permet ainsi aux éleveurs de l'Embrunais jusqu'au Briançonnais en passant par le Guillestrois-Queyras, les Ecrins et l'Ubaye, de continuer à vivre leur passion de l'élevage, à travailler dans des conditions raisonnables en termes de durée et conditions de transport des animaux, et pour certains de reprendre en main la commercialisation de leur production.